REPowerEU et ses répercussions
Jusqu’en 2022, l’Europe était dépendante de près de moitié de l’approvisionnement de gaz russe. Depuis, à la suite de l’agression du géant eurasien en Ukraine, l’Union Européenne a décidé d’engager une transformation en profondeur de son système énergétique. L’objectif était double : sortir de la dépendance à la Russie, impactant au passage son économie et surtout son économie de guerre, mais aussi accélérer la transition vers des énergies renouvelables.
À noter quelques données encourageantes sur la transition écologique de l’UE :
- 47% de son électricité provient des énergies renouvelables.
- L’éolien à lui seul a produit plus d’électricité que le gaz en 2023.
- L’éolien et le solaire combinés ont généré 30% de l’électricité produite en 2025, dépassant les énergies fossiles (29%).
Par ailleurs, le gaz russe ne représente plus que 12% des importations, contre les 45% de 2022. Celles de pétrole sont passées de 27% début 2022 à seulement 2% en 2025 et celles de charbon ont totalement cessé.
Source : REPowerEU – Commission Européenne
Quelle protection aux crises ?
Si le REPower EU a permis un détachement de la Russie et un renforcement de la politique en faveur des énergies vertes, l’Europe n’est pas pour autant protégée de toutes les perturbations géopolitiques extérieures. Le détroit d’Ormuz l’a démontré. Bien que seuls 4% des livraisons de pétrole passant par le détroit sont destinées à l’UE, cette dernière a tout de même été touchée, directement comme indirectement.
Déjà, l’UE achète du Gaz Naturel Liquéfié (GNL) au Qatar qui transite par Ormuz. Au-delà de ça, c’est surtout le prix de l’énergie qui a été impacté. En ricochet à la montée des cours du pétrole brut et du GNL, c’est le prix de l’électricité qui a augmenté.
Outre le seul marché de l’énergie, ce sont aussi les matières premières et leurs prix qui peuvent s’envoler. Ces dernières étant parfois nécessaires pour les industries européennes, y compris les filières de l’énergie durable. Si l’Europe a diversifié ses fournisseurs, elle reste dépendante du marché mondial et donc des tensions qui le traverse. Sur le long terme, l’objectif est donc également d’avoir une énergie domestique, prévisible et décarbonée.
Source : Agence Internationale de l’Energie (AIE)
Filières en croissance
C’est dans l’optique de réduire cette dépendance que l’Europe accélère le développement d’une énergie domestique et décarbonée. Au cœur des investissements européens se trouvent le solaire photovoltaïque et l’éolien, tant sur terre qu’offshore. Ces deux filières sont maintenant des industries matures. Elles bénéficient de contrats de long terme, notamment grâce aux Power Purchase Agreements (ou PPA), ce qui offre une grande visibilité sur les flux de trésorerie futurs.
Mais la question de l’énergie durable ne se limite pas à ça. D’autres secteurs connaissent une croissance structurelle :
- L’hydrogène vert. Produit à partir d’électricité renouvelable, il joue un rôle majeur dans la décarbonation des industries lourdes (acier, chimie, transport maritime…).
- Le stockage d’énergie. Entre hydrogène liquide, pompage hydraulique et batterie à grande échelle, ce secteur bénéficie d’une forte visibilité de commandes à moyen terme.
- La rénovation thermique des bâtiments. Objet d’une directive spécifique au sein de l’UE, l’EPBD, elle représente un marché considérable. Pour faire face aux objectifs progressifs établis jusqu’à 2050, les entreprises spécialisées (isolation, domotique énergétique, pompes à chaleur…) sont de plus en plus sollicitées.
Source : Rapport du RTE et l’AIE
De nouvelles opportunités durables
Mais ces transformations du marché énergétique européen ne concernent pas uniquement les États et les industries. Elles ouvrent des opportunités pour les investisseurs privés. Comme toujours, la clé est d’y entrer avec méthode, en fonction du profil et des objectifs. Plusieurs véhicules d’investissement permettent d’y prendre part :
- Les actions cotées. Elles offrent une liquidité immédiate tout en permettant de cibler les entreprises de son choix
- Les ETF thématiques. Des fonds cotés en bourses qui permettent un investissement global et diversifié, limitant donc le risque propre de chaque titre individuel.
- Les fonds d’infrastructures non cotés. Plutôt adaptés à des profils avertis, ils offrent des rendements stables et décorrélés des marchés financiers mais offre une liquidité réduite.
Il est a noter néanmoins que le secteur des énergies durables a une volatilité plus élevée que la moyenne. Les valorisations sont sensibles aux évolutions réglementaires, aux taux d’intérêt et aux prix des matières premières.
Sources : Institute for Climate Economics (I4CE) et Morningstar
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