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L’inflation : persistante 

Après des pics en 2022 et 2023, on pensait avoir tourné la page de la forte inflation. D’ailleurs, en début d’année, l’inflation française ne dépassait pas 0,3 %. C’était son plus bas niveau depuis décembre 2020.  

Mais dès février, les chiffres sont remontés. Glissement annuel faisant, les baisses de prix de l’électricité du printemps 2025 sont sorties du calcul. Dans le même temps, les agressions militaires ayant eu lieu au Moyen-Orient ont, entre autres, provoqué une envolée des prix de l’énergie partout dans le monde. Le pétrole et tous ses dérivés, plastiques compris, ont été les produits les plus touchés. 

Résultat : en France, l’inflation a atteint 2,2% en avril et 2,4% en mai d’après l’INSEE. L’indice harmonisé européen, l’IPCH, affiche quant à lui 2,8% en mai. Cette référence de la BCE est donc bien au-dessus de l’objectif de 2%.  

Les taux de la BCE : à la hausse

En réaction à cette inflation généralisée, la BCE a revu à la hausse ses taux directeurs lors de sa réunion du 11 juin 2026. Le taux de dépôt est à 2,25% et le taux de refinancement à 2,40%.  

Concrètement, cela fait augmenter le coût du crédit. Cela se répercute sur les taux d’emprunts des différentes banques. En conséquence, les financements de projets deviennent plus onéreux. Cela pèse également sur la croissance et rend les marchés actions plus sensibles aux annonces de la BCE. Le but derrière cette stratégie est d’endiguer l’inflation et la garder un maximum sous contrôle.   

Par ailleurs, cela ouvre d’autres opportunités d’épargne. Les placements à court terme (comme les obligations d’État, comptes à terme les fonds monétaires), deviennent plus attractifs en comparaison. Le taux du Livret A suivra mécaniquement lors de la prochaine révision. 

OAT 10 ans ; une configuration rare

Parmi ses placements qui gagnent en attractivité : le taux de l’Obligation Assimilable du Trésor (OAT) 10 ans. Référence jugée “sans risque”, il est théoriquement supérieur aux taux bancaires appliqués aux particuliers. Les banques ajoutent en principe une marge à ce taux afin de couvrir leur risque. 

Pourtant, au printemps, l’OAT 10 ans fluctuait entre 3,60% et 3,68% pendant que certaines banques maintenaient leur taux d’emprunt immobilier entre 3,10% et 3,37% sur 20 ans. Ainsi, dans certains cas, le coût de l’emprunt individuel s’approchait voire était inférieur au taux souverain de référence. C’est une configuration rare et éphémère. Cela veut dire que le coût du levier bancaire est très élevé par rapport au rendement de référence. Si l’OAT remonte, les banques seront contraintes d’aligner leur taux à cette hausse.  

Nous sommes donc dans une fenêtre d’opportunité pour les projets d’acquisition ou de refinancement en cours. Cependant, c’est aussi un signal d’alerte, notamment pour les dettes à taux variable. En effet, un taux bancaire supérieur à l’OAT 10 ans rendrait ce levier coûteux par rapport aux rendements de la dette publique. 

Fiscalité du capital : ses évolutions

Comme tous les ans, la loi de finances et la loi de financement de la Sécurité Sociale (LFSS) provoquent des évolutions dans la fiscalité. Depuis le 1er janvier, le Prélèvement forfaitaire Unique (PFU) applicable aux dividendes, intérêts, plus-values mobilières (actions, obligations) et gains sur crypto-actifs a été relevé à 31,4%. Il est la somme de l’impôt sur le revenu (12,8%) et des prélèvements sociaux (18,6%). Ces prélèvements sociaux étaient auparavant de 17,2% et leur hausse est due à un relèvement de 1,4 point de la CSG, voté dans la LFSS 2026. 

Dans tout ça, l’assurance-vie fait figure d’exception. Les prélèvements sociaux sur ses produits restent à 17,2% donc la flat tax globale est maintenue à 30% pour les contrats de moins de huit ans. Pour les contrats plus anciens, les abattements et taux réduit sous le seuil de 150 000€ sont maintenus.  

Le PER a lui aussi évolué. Depuis le 1er janvier, les versements volontaires ne sont plus déductibles du revenu imposable pour les souscripteurs à partir de leurs 70 ans. La question du rythme des versements et leur calendrier est donc une question à revoir pour les personnes s‘approchant de cet âge. 

Il est a noter également que l’Impôt sur la Fortune Immobilière n’a pas été remplacé par un Impôt sur la Fortune Improductive, comme il en avait été question durant les débats. Ce changement aurait élargi l’assiette taxable, incluant notamment les fonds euros d’assurance-vie, les liquidités, les crypto-actifs et certains bien de valeur.  

Ce qu’il faut retenir  

D’un point de vue macro-économique, l’inflation est repartie à la hausse en France (2,4% en mai) et la BCE a également amorcé un nouveau cycle de hausse des taux directeurs. Par ailleurs, certains taux bancaires immobiliers sont inférieurs à l’OAT 10 ans, ce qui le rend plus intéressant dans une grande majorité de cas. C’est une situation éphémère mais qui peut ouvrir de nouvelles possibilités. Par ailleurs, les détenteurs de dettes à taux variable sont exposés à ces nombreuses variations. De la même manière, certains placements à court terme gagnent en attractivité dans un contexte où presque tous les taux montent. De son côté, le PFU est passé à 31,4% sur la majorité des revenus financiers, à l’exception de l’assurance-1°vie qui est resté à 30%. L’IFI a lui aussi échappé à un élargissement de son assiette. En revanche, le PER a vu un changement majeur : les souscripteurs de 70 ans et plus ne bénéficient plus de déduction sur leurs versements.  


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