Dolman Conseils

La résidence secondaire, c’est un choix souvent fait pour allier plaisir et placement financier. C’est un projet qui séduit, mais nous touchons déjà là à un premier risque : l’émotion. En effet, cette dernière n’est pas bonne conseillère en termes d’investissement et pousse à sous-estimer les pièges propres à ce type de placement.  

1. L’achat suite au coup de cœur mais sans analyse 

Un achat basé uniquement sur l’émotionnel sans analyser le secteur est une erreur d’investissement. Si une résidence secondaire peut être un actif de plaisir, s’il s’agit d’un investissement, il faut réfléchir à la rentabilité au long terme. L’achat de ce type de logement doit donc être pensé comme tel : son horizon de sortie, son impact sur l’ensemble du patrimoine et le foyer et, potentiellement, son rendement locatif. C’est une lecture froide de ce que représente cet investissement qui permet ensuite de construire sa stratégie, sans se laisser piéger par l’attachement émotionnel du lieu. 

2. Négliger les coûts d’entretien et dépenses récurrentes 

Le prix d’achat n’est jamais que la partie visible des dépenses liées à un bien immobilier. En effet, un logement c’est aussi des coûts récurrents, à commencer par la taxe foncière, les assurances, les charges de copropriété, au besoin des frais de gestion locative et également les coûts liés à l’entretien physique du bien. Les charges sont présentes toute l’année, que le logement soit occupé ou non. Enfin, certains bâtiments, du fait de leur année de construction, peuvent nécessiter des travaux de rénovation ou liés à leur vétusté, qui ne sont pas toujours anticipés au moment de l’achat. 

3. Ignorer la charge fiscale 

Si la taxe d’habitation est supprimée sur la résidence principale, elle est en vigueur sur les résidences secondaires et parfois même majorée. Dans certaines zones tendues comme Annecy, Biarritz ou Bordeaux, cette majoration peut aller jusqu’à 60%. De manière générale, la fiscalité peut varier d’une localité à l’autre, y compris au sein d’un même département. Il faut donc faire preuve de vigilance quant aux règles en vigueur. Par ailleurs, pour les foyers dont le patrimoine immobilier net dépasse 1,3 million d’euros, la résidence secondaire est imposable au titre de l’IFI (de 0,5% à 1,5%, selon les tranches). Enfin, pour les propriétaires souhaitant faire du LMNP (location meublée), les amortissements sont désormais réintégrés dans le calcul de la plus-value depuis 2025. C’est un changement qui peut peser lourd sur la facture fiscale au moment de revendre. 

4. Négliger la stratégie 

Tout placement se réfléchit. Dans le cas d’une résidence secondaire, l’achat en son nom propre n’est pas toujours le choix le plus stratégique. En effet, selon la composition du patrimoine, certaines structures méritent d’être étudiées (démembrement de propriété, SCI, assurance-vie). Par ailleurs, l’anticipation de la sortie et de la transmission est indispensable. Cela aura un impact direct sur la fiscalité autant à l’entrée, en cours de détention qu’en sortie du bien. Notons que les héritiers peuvent se retrouver face à de lourdes fiscalités ou des indivisions compliquées si ce travail n’est pas fait en amont, avant même la signature.  

5. Sous-estimer les contraintes locatives et énergétiques 

La première contrainte est la conformité énergétique. En effet, les normes évoluent rapidement et l’analyse du DPE est nécessaire. Sans anticipation, le bien pourrait donc ne pas être louable pendant des années, le temps de réaliser les travaux de mise aux normes. De la même manière, la réglementation autour de la location saisonnière se durcit, ce qui n’en fait pas toujours la meilleure option. Enfin, avoir conscience de la demande de logement dans la zone visée est indispensable : toutes ne se valent pas. Certaines sont saturées et d’autres souffrent d’une forte saisonnalité, notamment en zone littorale.  

Ce qu’il faut retenir  

La résidence secondaire est un projet attractif mais qu’il ne faut pas prendre à la légère. Entre les coûts récurrents et les contraintes souvent sous-estimés, la charge fiscale et les normes qui évoluent, et la complexité des montages à anticiper, il y a beaucoup de choses à prendre en compte. Chaque point ayant ses parts de risques et ses pièges, la clé est de prendre le temps et d’aborder la question avec méthode. 


Nos derniers articles :

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *